Se rassembler pourquoi faire et avec qui ?

A l’exception du texte «Pour un printemps du communisme», la question stratégique est occultée, évitée, esquivée…

A lire le texte «Manifeste du 21e siècle» notre stratégie se résume à en finir avec notre effacement qui serait lié à 2017.

Un raccourci qui évite de se poser d’autres questions.

Les grandes heures du Parti c’est quand il a été moteur du rassemblement, pas autour de lui mais avec les autres. Ces 30 dernières années, le Parti a progressé en nombre d’adhérents à deux reprises: 2005, nous sommes moteur dans le rassemblement (partage du temps de parole) et 2012, c’est le choix du Front de gauche. Dans les deux cas, un choix clair, un engagement total, un parti qui progresse, et ses idées qui nourrissent le débat public !

En 2017 notre effacement est lié à notre illisibilité stratégique, plus qu’à l’absence d’un candidat communiste.

Notre effacement c’est qu’en mettant en avant la dimension institutionnelle de notre combat, et la nécessité d’alliances majoritaires avec le PS, nous avons privilégié les batailles pour quelques places au détriment de la cohérence. Cela a brouillé notre message et la vraie nature de notre combat. Nous sommes apparus un parti «comme les autres», avec aujourd’hui des situations «confuses» où des communistes sont adjoints de maires LREM.

Notre effacement c’est quand nous sommes, dès le 1er tour, au fin fond de listes du PS. Croyons-nous que nous sortons indemnes de cette situation?

Et quel grand écart nous faisons !

Dans Libération, le 4 mars, A. Hidalgo déclarait : «Moi, femme de gauche, j’ai tout fait pour qu’après le Brexit, ce soit à Paris que vienne la finance internationale». Certes cela s’accompagne d’actes sur la solidarité ou le logement. Mais dans quel sens nous inscrivons-nous à l’heure où les Métropoles deviennent les pôles privilégiés du capitalisme financiarisé?

Lors des échéances de 2020 deux stratégies très différentes s’offrent à nous:

Des camarades dissertent sur l’effacement du Parti pour acter une rupture définitive avec FI et «libérer» ainsi l’espace pour faire avec le PS. C’est la stratégie à géométrie variable.

A l’inverse d’autres camarades, sans minimiser les difficultés et la possibilité d’y parvenir, considèrent qu’il faut ne pas fermer la porte à des convergences avec toutes les forces antilibérales, dont FI. N’évacuons pas ce débat et ayons en tête deux objectifs:

D’abord travailler au rassemblement des forces antilibérales pour gagner un poids suffisant à gauche, en allant au-delà du Front de gauche et en abordant politiquement, et pas dans l’invective, le débat avec FI sur les questions de contenus et de stratégie. C’est l’ambition que nous portons avec un Front commun.

Ensuite rassembler la gauche pour battre la droite et l’extrême droite. En plaçant clairement la limite (participation aux exécutifs ou pas…) en fonction du rapport de force.

En étant acteur du rassemblement, et non pas empêtré dans les stratégies confuses, le Parti ne s’efface pas, il se renforce !

2 réponses sur “Se rassembler pourquoi faire et avec qui ?”

  1. Oui, ne soyons pas le singe qui se piège en voulant prendre la banane d’un siège à travers la grille social-démocrate…contournons cette grille étroite et rassemblons large !…N’Est-ce pas aussi la grande leçon de La Résistance ?

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