Revenir à la source ! « Une sortie progressive et maîtrisée du nucléaire « 

Revenir à la source ! « Une sortie progressive et maîtrisée du nucléaire « 

5 octobre 2018 6 Par Printemps du communisme

« Le nucléaire, une source d’énergie propre, sûre et économiquement abordable. », voilà les arguments des pro-nucléaires résumés en une phrase. Cependant, ils sont bien loin de la réalité constatée au quotidien à travers le monde.

Nous désirons plutôt nous engager pour un avenir sans nucléaire et faiblement émetteur de carbone assurant la vie et la protection non seulement des générations futures mais aussi de notre planète elle-même.

Voilà plus de 7 ans que les japonais-e-s sont menacé(e)s par la radioactivité dispersée dans l’air, l’eau et la nourriture. Les taux constatés n’ont pas baissé. Au-delà de la catastrophe humaine, on assiste aussi à une crise politique et industrielle. Ainsi face à l’ampleur de cette crise, et en prévision de l’organisation des Jeux Olympiques en 2020, les gouvernements successifs s’emploient juste à étouffer toute contestation en promulguant une nouvelle loi interdisant à toute personne d’évoquer Fukushima dans des termes négatifs. Le pays va revoir peut-être à la hausse les limites des doses d’exposition ! N’oublions pas non plus que les autorités emploient les classes populaires et exclues afin de nettoyer les dégâts.

L’intimidation se retrouve en France avec par exemple avec le projet à Bure avec des arrestations d’activistes et mêmes des perquisitions chez leurs avocats, quand ce n’est pas le sceau « secret défense » qui est brandit limitant toute enquête parlementaire ou investigation journalistique.

Les accidents nucléaires peuvent être engendrés- et le sont – par des catastrophes naturelles – comme un tremblement de terre ou un raz-de-marée – ainsi que par des erreurs humaines (Tchernobyl). Et cela n’est pas pris en compte par nos dirigeants politiques. En mars 2018, le président MACRON, en visite en Inde, a fait un pas de plus vers la construction de la plus grande centrale du monde, à JAITAPUR. Village de la côte ouest indienne, il est situé sur une zone sismique traversée par trois failles tectoniques (sic). S’additionnant aux risques de séisme, 10 000 habitants-es vivant de la pêche et de l’agriculture sont menacé-es. En effet, les eaux de refroidissement des réacteurs, seront rejetées dans la mer, détruisant ainsi la faune. De plus, dans le monde entier, les gens craignent aussi l’éventualité d’attentats terroristes dirigés contre des centrales nucléaires. On le sait, les cadres de sécurité en France, en Belgique sont déjà bien insuffisants, démontrés récemment par les actions de GREENPEACE à la centrale du Bugey.

Mais la radioactivité ne doit pas seulement nous inquiéter en cas d’accident nucléaire. Chaque étape de la chaîne du combustible nucléaire en relâche, à commencer par l’extraction de l’uranium provenant de pays aux régimes dictatoriaux comme le Niger ou le Kazakhstan ; ensuite cela continue durant des générations à cause des déchets nucléaires dont la gestion est chaotique.

Bien au contraire,  « les moins mauvaises » solutions sont envisagées et imposées par l’État comme le Centre Industriel de stockage Géologique (CIGÉO) à Bure de mille ans à dix mille ans malgré les dizaines de manifestations, une pétition de plus de 40 000 signatures de meusien(ne)s et haut-marnais(e)s, des débats publics tendus voire annulés, et des contre-expertises scientifiques alarmantes. Comment le PCF peut rester sourd à ces revendications tout en se disant ancré dans le réel ? En attendant, des déchets nucléaires supplémentaires sont produits chaque jour. La France à dépassée les 1,5 millions de tonnes déchet radioactifs sur son sol, ce que la béatitude technologique de quelques responsables politiques ne peut occulter.

« J’ai toujours veillé à ce que le nucléaire civil et le nucléaire militaire aillent de pair… ce serait la mort du deuxième si le premier disparaissait. » disait le Général Charles AILLERET, un des pères de la bombe atomique française. Les partisans de l’énergie nucléaire doivent affronter le fait que les programmes nucléaires civils fournissent les matières nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires. L’arrêt du nucléaire sera source de paix. A une époque le PCF était le moins silencieux sur cette lutte, et ne peut se contenter de seulement dénoncer la dissuasion nucléaire, soyons réalistes ! La localisation, l’implantation de nouvelles centrales aux milieux de zones potentielles de conflits et de guerre est un levier impérialiste et une promesse d’hiver nucléaire insupportable contrairement au développement des énergies renouvelables. Non, l’atome n’est pas la solution à l’excès de CO2 ! La France doit rejoindre le mouvement initié par la Campagne Internationale ICAN, pour l’abolition des armes nucléaires, prix Nobel en 2018 et combattu par les puissances nucléaires.

Au-delà des arguments éthiques, même si la sécurité prime sur le reste, l’énergie nucléaire fait face tant à des bouleversements économiques profonds touchant le secteur de l’énergie qu’à des difficultés propres à la filière.

En effet, structurellement, on note que la consommation mondiale d’électricité augmente peu depuis quelques années et que tout le monde a sous-estimé les énergies renouvelables dont les coûts ont baissé fortement ce qui entraîne une baisse du prix de l’électricité (en novembre 2017, le coût du solaire avait été divisé par 5 en seulement huit ans, même tendance dans l’éolien). Le nucléaire ne peut rivaliser avec les énergies renouvelables.

Au sein de la filière nucléaire, le coût est déjà exorbitant mais ne cesse d’augmenter, et est en général payé par les contribuables. Les délais de construction ne cessent d’augmenter, déjà 10 ans de retard pour l’EPR en Finlande et que dire de Flamanville!

Les parcs nucléaires sont périmés et ne sont pas renouvelés (seulement un démarrage de chantier en 2017 en Inde). En France, les réacteurs ont été construits pour 30 ans. En 2017, 42 réacteurs sur 58 ont dépassés cette limite. L’Autorité de Sûreté Nucléaire a demandé des améliorations à EDF pour une centaine d’anomalie graves concernant plus de 50% des réacteurs : « Une remise à niveau » à minima de 30 Milliards ! Le matériel vieillit, parfois remplacé par des pièces non conformes (affaire du Creusot Areva) et supervisé par des autorités clairement dépendantes du pouvoir. Enfin, afin de réduire les coûts, les entreprises ne cessent d’employer des sous-traitants aux conditions de travail et sociales inacceptables. Sur les 220 000 emplois que compte la filière, 160 000 sont embauchés par des sous-traitants. Sans savoir long et maitrise publique, la sécurité des travailleurs et des machines est ainsi mise à mal.

Arguer que la solution aux problèmes de cette filière est de sortir du capitalisme ne va pas assurer une meilleure sécurité du parc nucléaire. La dangerosité et la vétusté restent.

Des acteurs historiques ont fait faillite comme Westinghouse ou perdent de l’argent comme Areva devenu ORANO (preuve que changer de nom ne suffit pas) vivant grâce aux perfusions financières de l’État, un puits sans fond de dingue ! L’industrie nucléaire, EDF ont reçu des subventions considérables de la part des gouvernements, qui ont apporté leur garantie pour le financement de la construction des centrales, pour limiter la responsabilité des opérateurs en cas d’accident et assumer les coûts sanitaires et de décontamination.

La production d’énergie par l’atome a représenté une avancée technologique au sortir de la guerre. Depuis de nombreux accidents se sont produits, de nouvelles technologies sont apparues et la confiance en cette source d’énergie s’est tarie. Il s’agit pour le PCF de renouveler son mode de pensée à propos du secteur de l’énergie qui doit évoluer vers une production décentralisée, co-organisée avec les riverains et durables.
L’ensemble des centrales fournissent environ 10 % de la consommation mondiale d’énergie. Nous devons travailler immédiatement ensemble pour remplacer cette petite quantité d’énergie d’origine nucléaire. Notre écommunisme, sujet clés pour l’avenir de nos sociétés doit promouvoir le développement de sources d’énergie facilement disponibles, très sûres et économiquement abordables. Elles sont de grandes sources de nouveaux métiers. Le PCF ne peut faire l’économie de cette réflexion en remettant à plus tard ce débat. Reconstruisons un pôle publique énergétique mais sans nucléaire. Sortons de cette nostalgie mortifère. C’est un défi Européen, internationaliste pour un avenir sobre, dé-carboné et sans nucléaire. 40% des congressistes lors du dernier congrès 2016 du PCF l’avaient eux aussi bien compris. C’est une des aspirations très majoritaire des écologistes et des forces antilibérales aujourd’hui.