Pourquoi voter pour le Printemps du communisme

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Les communistes ont voulu un congrès extraordinaire parce que, à l’issue des élections de 2017, il est apparu clairement que nous ne pouvions pas continuer comme avant sans disparaître  complètement de la scène politique. Nous avons rédigé une proposition alternative de « base commune » parce que celle du CN, rédigée par la direction actuelle, ne fait que proposer de faire mieux ce qu’elle faisait déjà. C’est logique : si elle pensait qu’il fallait faire autre chose, elle aurait déjà au moins commencé à le faire. Mais « faire mieux » ce qui nous affaiblit ne peut que nous affaiblir encore plus. Ce qu’il faut faire, c’est autre chose.

En réalité, il y a deux choix possibles : ou bien inventer un communisme ouvert, moderne, offensif dans la société telle qu’elle est ; ou nous laisser envahir par la nostalgie d’un passé révolu et retourner au parti vertical, monolithique, croyant pouvoir diriger les masses grâce à une théorie économique élaborée en vase clos. Si ce second choix l’emportait, nous reprendrions la route de nos échecs.

À quelques jours du vote, nous voulons donc, comme l’a fait de son côté notre secrétaire national au soutien du texte de la direction, rappeler les principales idées qui fondent notre conviction.

1. Notre communisme doit être en phase avec la société actuelle et donc être construit avec toutes celles et ceux qui cherchent et qui luttent.

Nous avons gardé du siècle dernier l’idée que les luttes « économiques » étaient prioritaires parce qu’elles mettaient directement en cause le capital. Mais les chemins de la prise de conscience des méfaits du capitalisme passent aujourd’hui par une multiplicité de luttes : conte la domination patriarcale, le racisme d’État et l’islamophobie, la main-mise des GAFA sur les nouvelles technologies ou la destruction de notre écosystème, etc. Comment, par exemple, prétendre être entendus des gens qui ont l’écologie au cœur et défendre des projets productivistes comme Notre-Dame-des-Landes ou le nucléaire pour toujours ?

Et sur l’affrontement direct capital/travail, si nous ne pouvons évidemment pas en revenir aux solutions étatistes qui ont échoué hier, nous ne pouvons pas non plus n’en rester qu’à des propositions comme la sécurité emploi formation ou le statut de la BCE qui, manifestement, ont le plus grand mal à convaincre. Il faut nous ouvrir à d’autres réflexions, surtout quand elles suscitent un intérêt croissant comme le salaire à vie, le statut des travailleurs
associés ou la propriété commune des biens communs.

2. Il faut sortir de l’électoralisme pour retrouver une identité communiste.

La politique ne se réduit pas aux élections, loin de là, et les principales « réformes révolutionnaires » (droit syndical, sécurité sociale, salaire à vie des fonctionnaires, droit à l’avortement…) n’ont pas été faites que par des gouvernements de gauche. L’essentiel est dans la (re)constitution d’une conscience de classe, clé de toute lutte victorieuse. Nous devons donc cesser d’avoir en permanence l’œil rivé sur les positions électives, pour nous consacrer d’abord à la conquête des esprits, au plus près des travailleurs et des luttes, en portant des idées et un projet authentiquement communiste.

3. Construire le Parti de bas en haut, en donnant la priorité à l’action concrète avec les salarié.e.s, les citoyen.ne.s.

Reconquérir les esprits, c’est s’immerger partout dans les luttes et les débats pour construire avec celles et ceux qui les mènent les propositions et les initiatives. C’est ce lien étroit, que notre Parti avait construit jadis avec la classe ouvrière, qui nous permettra de retrouver la confiance de celles et ceux qui se battent aujourd’hui. Cet objectif doit nous faire repenser notre organisation pour donner la priorité à l’action des communistes à la base. Il faut donner aux sections les moyens (financiers, formation, outils de communication, etc.) leur permettant d’assumer leur rôle politique clé mais aussi aux réseaux.

4. Être le parti du rassemblement

À lire le texte « Manifeste du 21ème siècle, il suffirait d’avoir tout le temps un candidat à la présidentielle pour en finir avec notre effacement. C’est une grave erreur. Nous avons eu des candidats en 81, 88, 2002, et 2007, et pourtant à ces occasions nous nous sommes affaiblis. Mais chaque fois que nous avons joué notre rôle de rassembleurs, en 36, dans la résistance ou récemment en 2005 contre le TCE et 2012 pour le Front de gauche, nous avons gagné en confiance, en adhérent.e.s et nos idées ont progressé dans la société. Mener la lutte de classe, c’est travailler à l’unité politique du prolétariat contre les efforts des classes dominantes pour le diviser. C’est vrai dans les luttes, et tout autant dans les élections.

On nous objecte que la FI ne veut pas l’union, ou on met en avant certaines de ses positions qui ne nous conviennent pas. C’est vrai que la situation est difficile. Mais le rassemblement n’est pas un choix de convenance, c’est une nécessité impérieuse. Il en va ainsi des Européennes où le pire – l’extrême-droite – menace, va-t-on laisser perdurer les querelles de chapelles ou nous battre pour un rassemblement de toutes les forces de transformation sociale, dont FI ? Voulons-nous être vus comme des diviseurs de l’électorat le plus à gauche, qui se retrouve aujourd’hui principalement dans le vote FI (et, en plus, n’avoir très probablement aucun.e élu.e), ou veut-on le rassembler ?

Nous le répétons encore une fois. Sur le projet, la stratégie politique et électorale et l’organisation, nous sommes face à des choix dont dépendra pour longtemps l’existence politique de notre Parti. Le texte « Manifeste », c’est le retour en arrière. Notre congrès sera extraordinaire si, au contraire, il va avec confiance au bout de l’effort engagé avec le 22e congrès pour sortir
de la vision ancienne du communisme.

La situation politique est grave. Les peuples européens n’en peuvent plus et cherchent une issue, parfois dans la pire des directions. L’existence d’un Parti communiste moderne, attractif et offensif est une des principales conditions pour ouvrir un chemin de progrès et d’émancipation.

Notre collectif militant est encore important. La force communiste – tous ces camarades qui ont quitté le Parti au fil des ans mais sont demeurés orphelins d’un communisme de notre temps – l’est encore plus, beaucoup plus. Il ne dépend que de nous que ces forces s’additionnent, créent une dynamique et changent la donne politique dans notre pays. Faisons le choix de l’avenir et
de l’espoir, le choix du printemps du communisme.

Elsa Faucillon (députée des Hauts-de-Seine), Frédérick Genevée (membre du Comité Exécutif national)

2 réponses sur “Pourquoi voter pour le Printemps du communisme”

  1. Ce que j’attendais désespérément lorsque j ai quitté le PCF en 2011
    Oui beaucoup de communistes hors du PCF souhaitent le retrouver au sein d’un front commun pour contribuer à développer le communisme déjà là.
    Le communisme mouvement réel de toute la société est forcément l’oeuvre de cultures diverses et la culture marxiste doit y retrouver une place de premier plan

  2. je viens de lire votre texte, j’étais déjà convaincue, je suis confortée . Il est dur d’être communiste et de vivre cette période ou je décide de ne pas voter PC mais FI, ne comprenant plus mes camarades, qui rejettent par leur attitude toute chance à la population de nouvelles avancées, de possibles succès.
    l’Union a toujours été un combat difficile, elle est plus nécessaire que jamais construite sur le refus de l’exploitation humaine, le refus de tous les racismes, sexismes.
    En tant que communisme être avec, prêt, des êtres humains et défendre la planète me semble des priorités urgentes, et la mienne.
    Chasser le doute, le dégout de la politique et la désespérance dépendra de notre attitude et de nos actions.

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