Amers mais pleins d’espoir

Amers mais pleins d’espoir

25 avril 2019 5 Par Printemps du communisme

Il y a plusieurs semaines, nous lancions un appel au rassemblement de la gauche alternative pour les Européennes. Nous n’avons pas été entendus. Maintenant que la division fait son effet et que la catastrophe électorale se profile, le ton change. Ian Brossat explique qu’une fois l’échéance passée « la gauche devra retrouver le chemin du rassemblement ». Jean-Luc Mélenchon lance un « appel à la création d’une fédération populaire » et invite la gauche à se rassembler. Benoit Hamon répond à ce dernier : « Entre le désastre annoncé et un geste d’unité, je préfère prendre acte de ce geste d’unité et le prendre au sérieux ».

Ces déclarations peuvent laisser perplexes tous ceux qui ont espéré pouvoir concrétiser ce rassemblement, précisément pour ces élections européennes car à déclarer aujourd’hui vouloir le rassemblement, sans s’être donné les moyens de le construire pour l’échéance immédiate, laisse le champ libre aux tenants libéraux de l’Europe des traités actuels et aux nationalistes de l’extrême-droite. Pourtant l’enjeu des européennes est de taille : l’électorat de gauche dans son ensemble, un grand nombre d’abstentionnistes, s’accordent à reconnaître que les carcans imposés par les traités européens sont néfastes aux différentes économies nationales, provoquant récession et appauvrissement des peuples, ne permettant ni de répondre aux urgences sociales et écologiques des peuples européens, ni aux défis du monde déchiré par les guerres et par les troubles climatiques…

Si la gauche veut aujourd’hui regagner en crédibilité, de façon à redevenir une alternative solide pour toutes celles et ceux qui se mobilisent en France, pour plus de justice sociale, fiscale, écologique et pour une sixième République, il est indispensable de mettre fin à ces stratégies du « coup par coup » et de passer enfin aux actes en travaillant à un cadre qui rassemble, respectueux du pluralisme, loin de toute logique de ralliement et sans volonté d’hégémonie sur le mouvement populaire pour construire durablement un projet politique de transformation sociale. Nous sommes à la fois amers et pleins d’espoir car la prise de conscience de la nécessité d’une construction politique d’un autre type, citoyenne et alternative, monte.

Elle monte donc chez les responsables des organisations de gauche.

Mais surtout elle monte dans les mobilisations populaires comme celles des Gilets Jaunes, ou celles pour l’accueil des migrants, dans tous les collectifs citoyens qui luttent pour une transition écologique et une transformation sociale et où la fin du mois rime avec la fin du monde.

Elle monte parmi le peuple.